Au moment où les débats autour du glyphosate et de la tomate hors sol font rage, les Français se tournent de plus en plus vers le BIO, et délaissent peu à peu les cultures dites conventionnelles. Et tandis que le consommateur est de plus en plus renseigné, les enseignes Bio se multiplient et les modes de productions alternatifs – comme les AMAP et les Ruches – se développent. A l’ère du « mieux manger », les slogans des hard discounters ne prônent pas tant les prix bas, que des produits sains et équitables. Se fournir en direct du producteur a le vent en poupe, et certains noms barbares comme « permaculture » commencent à rentrer dans le vocabulaire des consommateurs. Désormais, le combat face aux problèmes climatiques et sanitaires se passe dans l’assiette et chacun lutte armé de sa fourchette. Un panier à salade dans lequel il est parfois difficile de faire son choix. État des lieux des bonnes adresses près de chez vous.

L’AMAP établit un lien direct entre exploitant agricole de proximité et consommateur. Une volonté de maintien d’une agriculture paysanne, qui tient par un engagement contractuel entre le producteur et le « mangeur » qui s’engage à venir récupérer chaque semaine un panier composé de fruits et légumes de saison. C’est ainsi que, dans une démarche éthique commune, le consommateur est assuré de bénéficier de produits sains, et l’exploitation d’une juste rémunération. L’AMAP « Saint-Pierre D’Ax » de Blagnac, accueille à ce jour une centaine d’adhérents. « Pour les paniers de fruits et légumes, nous fonctionnons sur un système d’abonnement à l’année. Pour toutes les autres marchandises, les personnes réservent sur le site « Cagette.net », qui référencie par catalogues les produits d’une trentaine d’exploitants », développe Eric Fuilla-Weishapt, vice-président de l’AMAP de Blagnac. C’est ainsi que chocolat, viande, bière, miel, tisanes, fromages, ou encore plants de légumes, peuvent composer les paniers des adhérents, par le biais d’un système d’achats groupés. Dans cette démarche hors économie de marché, l’agriculteur écoule ainsi l’intégralité de sa production et évite la surproduction. « L’idéal est donc d’ anticiper et de commander de manière prédictive sur plusieurs mois. Cela permet au producteur de s’organiser ; notamment en ce qui concerne la viande car les calendriers d’abattoir sont contraignants dans le BIO », explique Claire Faroux, présidente de l’AMAP de Blagnac.

©Hélène Ressayres

Un « mieux manger » qui implique un consommateur plus responsable, et à l’écoute du rythme des saisons, de la nature, mais aussi de la météo qui donne désormais le LA. Une AMAP qui fait du local une priorité et dont les produits proposés sont certifiés BIO.  « Notre charte vise à favoriser la proximité, mais nous collaborons avec certains fermiers BIO à l’étranger, notamment pour des produits comme les agrumes et les huiles », ajoute Eric Fuilla-Weishapt, vice-président de l’AMAP « Saint-Pierre D’Ax ». Avec cette nouvelle façon de composer son assiette, on repense aussi sa façon de cuisiner. « On attend d’avoir les ingrédients pour élaborer ses menus ; on prépare ses plats en fonction des produits, et non l’inverse », développe Claire Faroux, présidente de l’AMAP. Des cagettes qui débordent aussi de bienveillance, puisque l’association blagnacaise propose des « Paniers Solidaires » pour aider des familles dans le besoin.

Article rédigé par Hélène Ressayres

 

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