Au moment où les débats autour du glyphosate et de la tomate hors sol font rage, les Français se tournent de plus en plus vers le BIO, et délaissent peu à peu les cultures dites conventionnelles. Et tandis que le consommateur est de plus en plus renseigné, les enseignes Bio se multiplient et les modes de productions alternatifs – comme les AMAP et les Ruches – se développent. A l’ère du « mieux manger », les slogans des hard discounters ne prônent pas tant les prix bas, que des produits sains et équitables. Se fournir en direct du producteur a le vent en poupe, et certains noms barbares comme « permaculture » commencent à rentrer dans le vocabulaire des consommateurs. Désormais, le combat face aux problèmes climatiques et sanitaires se passe dans l’assiette et chacun lutte armé de sa fourchette. Un panier à salade dans lequel il est parfois difficile de faire son choix. État des lieux des bonnes adresses près de chez vous.

 

 

 

 

 

 

« Le pouvoir est dans nos assiettes ! » Voilà ce que l’on peut lire sur les flyers de « La Ruche Qui Dit Oui » blagnacaise. Un mode de consommation alternatif, qui permet de mettre en relation producteurs et particuliers par le biais d’une plateforme internet. « La personne doit s’inscrire en ligne sur le site, et est ensuite libre de commander parmi tous les produits proposés par nos partenaires. Etant donné que nous privilégions grandement l’économie locale, chacun de ces derniers a l’obligation de se trouver à moins de 250kms de la Ruche », explique Maud Jérôme, responsable de « La Ruche Qui Dit Oui » de Blagnac. Ce sont ainsi tous les avantages des circuits courts couplés à la large variété dignes d’enseignes spécialisées, que l’on retrouve dans les paniers des adhérents. Ici, le producteur de viande est labelisé « Label Rouge », les pâtisseries de chez « Klézia » sont BIO, et les boulangers-brasseurs de « La Brewlangerie » recyclent leur pain dur pour en faire des bières responsables. Impliquée dans une logique globale, « La Ruche Qui Dit Oui » met un point d’honneur à informer le consommateur : « Cela passe par la mise en relation entre le producteur et l’adhérent. Mais aussi par une sensibilisation aux pratiques alimentaires. Il est difficile aujourd’hui de ne pas se sentir concernés par les bouleversements environnementaux et sanitaires. Nous devons tous être acteurs de noter santé, et s’impliquer pour changer les choses. Cela passe bien évidemment par le fait de se responsabiliser par rapport à son mode de consommation. J’incite les gens à lire les étiquettes, ne pas attendre que l’on nous prenne par la main, ni que le changement vienne de la part des industriels. L’alimentation est l’une des rares choses sur lesquelles nous pouvons agir, et essayer de maîtriser notre santé », conclut avec conviction Maud Jérôme, responsable de « La Ruche Qui Dit Oui » de Blagnac.

© Hélène Ressayres

 

 

Alors que certains acteurs économiques, dont la FNSEA, poussent à la production de tomates BIO sous serres chauffées, les  acteurs la « Fédération Nationale D’Agriculture Biologique » et une dizaine d’autres organisations s’insurgent. Un débat qui fait rage, et une interprétation du label BIO européen que dénonce ouvertement la « Fondation Nicolas Hulot ». Des acteurs qui voient dans ce mode de production sous serre, un visage du BIO dénaturé et perverti par l’industrialisation d’une filière qui n’a plus grand chose de BIO. Selon L’ADEME, une tomate produite sous serre chauffée émettrait 2,2kg CO2e contre 0,3kg CO2e pour une tomate produite en saison hors sol. Une pétition rédigée par la « Fédération Nationale D’Agriculture Biologique », « La Fondation Nicolas Hulot Pour La Nature Et L‘Homme », « Greenpeace France » et le « Réseau Action Climat » est désormais en ligne sur : http://bit.ly/nonauxserreschauffees

Article rédigé par Hélène Ressayres

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