Au moment où les débats autour du glyphosate et de la tomate hors sol font rage, les Français se tournent de plus en plus vers le BIO, et délaissent peu à peu les cultures dites conventionnelles. Et tandis que le consommateur est de plus en plus renseigné, les enseignes Bio se multiplient et les modes de productions alternatifs – comme les AMAP et les Ruches – se développent. A l’ère du « mieux manger », les slogans des hard discounters ne prônent pas tant les prix bas, que des produits sains et équitables. Se fournir en direct du producteur a le vent en poupe, et certains noms barbares comme « permaculture » commencent à rentrer dans le vocabulaire des consommateurs. Désormais, le combat face aux problèmes climatiques et sanitaires se passe dans l’assiette et chacun lutte armé de sa fourchette. Un panier à salade dans lequel il est parfois difficile de faire son choix. État des lieux des bonnes adresses près de chez vous.

 

 

 

 

 

Tandis que l’on nous rappelle sans cesse qu’il n’est rien de tel que de connaître la traçabilité des produits, quoi de mieux que de se fournir directement à la source ? Difficile pourtant de choisir vers qui se tourner, une fois de plus. On sait que le BIO c’est bien. Mais la permaculture c’est mieux ! Zéro pesticide, moins de désherbage, et moins de consommation d’eau. C’est pour cette raison que Martin Barthélémy, producteur de légumes au « Chant Des Champs » à Cornebarrieu, en a fait sa vocation. Une démarche de conception éthique visant à recréer l’écosystème de la fôret, et de tout son habitat en matière de faune et de flore. « Dans ce système agricole, les végétaux qui tapissent la terre, la nourrissent et lui permettent de conserver une certaine humidité, ce qui implique moins d’arrosage. Un environnement qui attire les insectes, comme les vers de terre ou les scarabées, véritables petits « laboureurs », et qui contribuent à ce terreau vertueux pour le maraîchage », argumente Martin Barthélémy, producteur du « Chant des Champs ».

© Hélène Ressayres

Dans ce mode production qu’est la permaculture, on redonne ainsi tout son pouvoir à la nature. Une démarche éthique qui nécessite d’apprendre des erreurs du passé, de poser un cadre de valeurs pour construire une agriculture plus juste, de tempérer les égoïsmes instinctifs et modes de consommation, implantés depuis longtemps. Cela implique donc la résilience ; celle d’accepter que la nature ne fournit pas sur commande et que les saisons rythment les productions. Et cette révision de copie en ce qui concerne son mode d’alimentation a de nombreux avantages directs pour le  consommateur. En effet, pour Martin Barthélémy, « Le BIO cher n’est pas une fatalité ! ». « Le Chant Des Champs » propose deux formules : un tarif forfaitaire avec un engagement sur la saison et des paniers composés par les soins du producteur, ou des cagettes à la carte, des légumes mûrs et ramassés la veille à un prix défiant toute concurrence. Et lorsque l’on demande à Martin Barthélémy les recettes pour se nourrir mieux demain, la réponse est sans équivoque : « Il est impératif de privilégier les circuits courts. Nous sommes dans une région bien lotie en ce qui concerne les producteurs, donc autant en profiter ! Si on ne connaît pas les adresses, les marchés peuvent être un bon endroit où les trouver. Enfin, je pense que le prix n’est pas un gage de qualité. Le BIO est toujours mieux que le conventionnel, mais il ne justifie pas toujours que l’on marge autant ».

Article rédigé par Hélène Ressayres

 

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