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Nous profitons de ce numéro de Diagonale consacré à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), secteur souvent mal connu, pour prendre un café avec… Patrick Poirier, une des figures columérines impliquées dans des démarches liées à l’ESS.

Diagonale : Patrick, quel a été votre parcours professionnel avant de vous impliquer dans ces projets columérins ?

Patrick Poirier : Après ma carrière militaire, j’ai pu continuer à assouvir ma passion pour l’aéronautique en travaillant dans la maintenance à la Sogerma à Bordeaux puis finir ma vie professionnelle chez Airbus. J’étais également très impliqué dans le milieu associatif sportif puisque j’ai entraîné le FCTT Rugby pendant de longues années.

Vous êtes président des locavores de Colomiers qui gère La Ruche qui Dit Oui, qu’est ce qui vous a amené à développer ce projet ?

Je suis issu du monde rural bien qu’étant Bordelais et j’ai toujours cherché à faire revivre le lien entre le producteur et le citadin. Les AMAP (Association pour la Maîtrise de l’Agriculture Paysanne) en sont le meilleur exemple. Arriver à faire consommer des produits bio ou issus de l’agriculture raisonnée en milieu urbain est une vision d’avenir à laquelle j’ai toujours souhaité collaborer. 

La Ruche qui dit Oui est une véritable réussite, non ?

En effet, nous sommes la 1ère en termes d’abonnés de tout le réseau national. Ce sont plus de 2500 personnes qui profitent de ce service sur Colomiers, c’est une très belle réussite mais nous n’allons pas nous arrêter là ! Nous venons par exemple de démarrer le marché des Locavores depuis septembre 2016. Celui se passe tous les mardi soirs à la Friendly Auberge. Mais la véritable réussite de ces projets, c’est avant tout le lien social que cela permet de recréer.

Vous avez de nouveaux projets ?

Le tout dernier dans lequel je suis impliqué puisque j’en suis le président est la Remixerie. Un très beau projet développé par Bérengère Heintz et Frédéric Chabardes depuis de nombreux mois et qui a ouvert ses portes le 16 avril dernier.

Quel en est le principe ?

C’est très simple, vous laissez tous les objets, meubles ou vêtements dont vous ne vous servez plus et la Remixerie leur donnera une seconde vie. Ce concept basé sur le réemploi d’objets a de nombreux avantages : réutiliser des objets qui seraient partis à la déchetterie, les valoriser en les remettant au goût du jour, en faire profiter des personnes avec peu de moyens ou tout simplement pour satisfaire les chineurs qui y trouveront leur bonheur. Cerise sur le gâteau la Remixerie projette d’embaucher 2 personnes prochainement et 6 supplémentaires d’ici 1 an et demi dans le cadre de réinsertion professionnelle. Nous voulons aussi faire de la Remixerie un lieu artistique et culturel. N’hésitez pas à venir, nos portes sont grande ouvertes !

Portrait chinois

A table : Epicurien avant tout et Bordelais, les tagliatelles aux 3 truites ou la lamproie à la bordelaise sont mes pêchés mignons

En mode Robinson : Ma femme … Mais je ne suis pas sûr que cela fasse partie de la règle du jeu

Un rêve d’enfant : J’ai réalisé ce rêve en travaillant dans la maintenance aéronautique

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Dans une revue scientifique sur l’étude nutritionnelle du bio, à laquelle a collaboré l’INRA, la mise en évidence de différences nutritionnellement bénéfiques, avec plus de polyphénols et surtout moins de métaux lourds et de résidus de pesticides dans les productions « bio » est marquante. Donc en clair, il y a moins de produits toxiques, et plus de vitamines et de minéraux (zinc, magnésium…) du côté des produits bios ! 

En termes de qualités nutritives, c’est vrai qu’il n’y a pas de différence significative entre produits bios et conventionnels, ils ont approximativement les mêmes valeurs calorifiques…mais sont-ils aussi nourrissants sans vitamines ? Sachez tout de même, que l’intérêt d’une alimentation bio (ou utilisation des produits bios cosmétiques, détergents…), c’est avant tout qu’ils soient moins nocifs pour la santé en ne contenant pas (ou presque…les 95 % sont là) de pesticides, d’OGM, etc… Du côté du goût, les aliments bios tendent vers un retour au naturel, donc plus savoureux… Attention cependant à leur aspect physique, on retrouve souvent la fameuse catégorie des « fruits et légumes  moches » chez les bio !

Faut-il culpabiliser si votre frigo n’est pas uniquement rempli de produits bio ?

Changer tout du jour au lendemain est utopique… Allez-y étape par étape. Commencez par acheter vos fruits et légumes bio, expérimentez et choisissez ensuite d’autres produits qui vous conviennent. C’est une nouvelle routine à acquérir et à mettre en place. L’important c’est de savoir qu’il existe des alternatives pour se lancer et différentes sources d’approvisionnement. Zoom sur le local et ses locavores.

BIO vs LOCAL Question de point de vue. 

Qui dit local, dit locavores ! La nouvelle tendance n’est ni carnivore, ni végétarienne, ni omnivore, elle est locavore ! Le terme de « Locavore » prend d’ailleurs ses origines chez nous, à quelques kms, dans l’Aude. Stephane Linou a été le premier locavore de France(2007) avec son expérience «manger et vivre 100% locales (rayon de 150km) » pendant plus d’un an. Depuis, en Midi-Pyrénées, le Made in Local a largement détrôné le made in France. Et pour preuve, le 20 mai dernier, Toulouse accueillait le tout premier festival de l’agriculture locale (circuits courts) en France : le Locavores Fest. Que ce soit clair, local ne veut absolument pas dire bio ! Faire vivre les petits producteurs du coin, c’est tous les faire vivre, même ceux qui ne se sont pas convertis au bio. Le locavorisme est donc un acte solidaire avant tout. Peut-on parler aussi d’éthique et dans quelle mesure ? Le local est-il tout aussi éthique que le bio qui viendrait de l’autre bout de la terre ? Du coup, pour friser la perfection, optez pour du local, mais bio !

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