Maintenant que le modèle de mondialisation absolue a clairement montré ses limites (Covid et conflit Ukrainien ayant révélé ses failles aussi majeures que prévisibles), le bon sens semble enfin, revenir dans nos assiettes. Pourtant, les producteurs Gersois n’ont pas attendu que la pomme tombe de l’arbre pour défendre leurs productions. En effet, depuis des dizaines d’années des éleveurs et agriculteurs font perdurer leur culture dans une optique simple : produire ici ce qu’on sait faire de bon.
Parmi eux, on trouve Julien Soulé, du GAEC de Las Téchénérès. Exploitation en polyculture à destination de son élevage, cette ferme produit des vaches et ovins en circuit court. Particularité de cette entité, elle travaille majoritairement avec une espèce locale qui a frôle la disparition : la race Mirandaise. Si c’est une poignée d’éleveurs qui ont évité l’extinction dont le Père de Julien Soulé, c’est ce dernier qui assure le développement de cet élevage.
Remplacée au profit de bêtes plus rentables comme la blonde d’Aquitaine, la Mirandaise a également souffert de la mécanisation. Parfaitement adaptée à son terrain, elle était le tracteur en son temps avant que son homologue à chevaux vapeur ne prenne sa place. Or, elle est dans le Gers chez elle et n’a pas son pareil pour s’épanouir dans tel biotope. Résistante aux maladies, en adéquation avec son climat, la Mirandaise produit également une viande persillée très qualitative lorsqu’elle est bien élevée (comme c’est le cas ici bien entendu).
En faisant le choix non pas de la productivité à outrance mais bien de la défense du produit ainsi que de la culture Gersoise, Julien Soulé va au delà de son simple département. La diversité, celle qui met tout le monde d’accord et qui fait de la France un pays si riche, c’est de voir des races de vaches différentes selon les régions. Idem pour les plantes, les plats, les chants et tout ce qui fait notre exceptionnelle culture. Et ça le consommateur la bien compris…
Pour autant, le Gers n’est pas en reste côté innovation. On trouve ainsi une production de safran près de Gimont. Baptisée safran d’En Marre, elle est tenue par Émilie et Guillaume et existe depuis 2017. Un produit rare et convoité élevé en l’espèce en agriculture biologique. Tous leurs bulbes de Crocus Sativus ont été plantés sur une ancienne jachère vieille de 5 ans, dans un sol sain et vierge de tout produit chimique. La safranière est entretenue sans pesticide ni produit chimique, dans le plus grand respect de la nature qui nous entoure, afin de vous proposer un safran sain d’une qualité exceptionnelle.
Cueilli et émondé (prélèvement des stigmates du safran) à la main, sa récolte se déroule de fin septembre à fin novembre, avant le lever du jour afin d’éviter l’altération des pistils par les rayons du soleil et ainsi garantir un produit d’une extrême finesse. Au delà de la recherche permanente de la qualité, pilier essentiel du Safran d’En Marre, cette production témoigne d’une évolution territoriale certaine en proposant un produit inédit mais travaillé comme on sait si bien le faire dans le Gers.
La créativité alimentaire du département s’exprime également dans de la production d’un formage initialement venu d’Italie : la mozzarella. Direction Caussens pour découvrir L’Bufala. Comme son nom l’indique, la ferme de Lucile, Fabien & Mattéo élève des buffles. Cette exploitation fait partie des rares domaines qui élèvent ce type d’animaux en France. Entourée de 70 hectares de prés, tous attenant les uns aux autres, offrant un système de pâturages tournants afin de privilégier au maximum la pâture de nos animaux. De fait, les buffles sont mis à l’herbe pendant les trois quarts de l’année, ce qui lui permet de paître et de se reproduire naturellement.
Enfin, et c’est là sûrement l’exemple le plus atypique, Gascogne Aquaculture (Gambas d’ici) produit à Idrac-Respaillès des crevettes. Cette ferme aquacole est la première production française de crevettes d’eau douce.
Produisant avec talent ce qu’il a toujours su produire avec un public de plus en plus soucieux de l’origine des ce qui arrive dans son assiette, le Gers garde pourtant les yeux vers l’avenir.

