Pour terminer sa saison de spectacles, la ville de Léguevin a fait le pari des Brodas Bros, aka une pepite Barcelonaise produisant un spectacle danse moderne break hip hop avec une mise en scène originale a base de lumière Et c’est la que tout se joue.
Loin d’être uniquement une perf de danse, Around The World est une véritable performance scénique. Il s’habille pour ce faire d’un futur urbain à la Blade Runner à peine le rideau levé. D’emblée la salle est emportée. Propulsé par une bande son ultra solide, le spectacle fait bouger la tête dès son intro. La modeste scène du Tempo devient immense. La poignée de danseurs à la technique impeccable transcende son rôle premier en proposant un spectacle que l’on suit comme on regarde un film. Les artistes en débordent d’ailleurs rapidement pour se mêler au public dans un échange sonore et un open de danse provoquant la première salve d’applaudissements de la soirée (spoiler alert : c’était loin d’être la dernière). Mention spéciale aux deux jeunes spectateurs qui se sont brillamment prêté au jeu.
Comme son nom l’indique, le spectacle sort rapidement de Night City pour un tour du monde. Japon, Brésil, le globe tourne avec pour sextant cette énergie, cette audace et cette créativité.
Peak du spectacle, la part sur Los Angeles ou 2 simples lumières rouge et bleu d’un gyrophare de police donnent à toute la salle une profondeur rarement vue. Le taff aux lights est monstrueux. Chaque tableau est une nouvelle ambiance à l’implacable magnétisme. Et si à chaque fois on se dit que c’était fou, le passage suivant amène le niveau encore plus haut.
Le son est mortel, s’inspirant des gros classiques du hip hop de Mob Deep à Wu Tang en passant par Nujabes. Du son lourd qui a du sens, pas de la soupe au vocodeur dégueulasse. Une partie du spectacle impliquant des robots très Master Chief flirte quand a elle avec une influence musicale tout droit venue de Skrillex. On a connu pire comme idée. À vrai dire la musique de ce Arround The World validait à elle seule le fait de prendre un billet.
Dans la salle, des grands des petits des jeunes des vieux. Tout le monde était venu voir un spectacle avec un grand S. Un de ceux qui justifie l’existence de salles comme le Tempo. Un moment où on sent quelque chose que Netflix n’apportera jamais, dont on sort avec une part d’émerveillement en plus.
En tableau final, pas de lights, uniquement les 5 danseurs et danseuses dans un pur moment hip hop sur une musique tout droit sortie d’Unreal Tournament. Technique, flow et passion transpiraient de chacun et chacune d’entre eux devant une salle en fusion.
Je ne sais absolument pas ce que vous faisiez de votre côté ce soir du 8 mai 2026 mais j’ai du mal à croire que vous avez passé meilleure soirée que celle ci.



