À l’origine et porteuse de ce projet de rénovation Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers et Vice-Présidente de Toulouse Métropole, nous a accordé un entretien détaillé. Philosophie du projet, réalisations et perspectives, à la lumière de cet écrit la rénovation du Grand Val d’Aran n’aura plus de secret pour vous.

Madame Karine Traval-Michelet

Construit dans les années 1970, le quartier du Val d’Aran porte encore les traces d’un urbanisme aujourd’hui inadapté. Construction sur dalle, effets de rupture (passerelle…), espaces cloisonnés : cinquante ans plus tard, le quartier ne correspond plus aux usages ni aux attentes d’une ville moderne. Pourtant, ses atouts sont nombreux : proximité immédiate du centre-ville, espaces généreux et arborés, équipements publics et vie de quartier constituent une base solide pour imaginer son avenir.

C’est précisément l’ambition de la rénovation engagée par la Ville de Colomiers. Après le Seycheron, les Fenassiers ou encore la rue Gilet, le Val d’Aran s’inscrit dans une démarche plus globale de transformation urbaine. Mais ici, l’objectif ne consiste pas simplement à rénover des bâtiments. Il s’agit surtout de ré-ouvrir le quartier sur la ville et de replacer l’humain au cœur du projet. Cette philosophie passe notamment par la concertation. Depuis les premières études lancées en 2017, habitants, usagers et acteurs utilisateurs sont associés aux différentes étapes du projet. Car pour la Ville, les premiers concernés restent les mieux placés pour faire remonter les besoins, les usages et les attentes.

« Le Val d’Aran est un quartier qui a une histoire, une identité et une place importante dans la vie columérine. Notre responsabilité est de lui donner les moyens d’évoluer avec son temps, sans perdre ce qui fait sa richesse : sa vie de quartier, ses services et ses habitants. Nous voulons faire du Val d’Aran un quartier pleinement ouvert sur la ville, où l’on se rencontre et où chacune et chacun peut trouver sa place. »
Karine Traval-Michelet

Ouvrir le quartier

@ Atelier Ferret Architectures

L’une des transformations les plus symboliques est déjà derrière nous : la démolition de la passerelle qui reliait le Val d’Aran à la rue du Centre. Pensée autrefois comme une liaison, elle était progressivement devenue une véritable barrière. À sa place, un large passage ouvert et sécurisé reconnecte désormais le quartier au cœur de Colomiers. Le boulevard Général-de-Gaulle a également été requalifié en rue et un important travail de végétalisation est venu apaiser les abords.

Cette ouverture doit aussi contribuer à faire évoluer l’image du quartier et à favoriser davantage de mixité sociale. Le Val d’Aran de demain entend ainsi dépasser son seul rôle résidentiel pour devenir un espace pleinement intégré à la ville, fréquenté par ses habitants mais également par les Columérins venus de l’extérieur.

La transformation concerne également l’habitat. Au total, 300 logements ont notamment été concernés par les rénovations menées par Alteal, tandis que différents acteurs immobiliers, dont Sporting Promotion, participent à l’évolution du quartier. Une opération complexe, nécessairement inscrite dans le temps long, mais dont les grandes lignes restent fidèles à l’ambition initiale.

Un quartier pensé pour demain

@ Atelier Ferret Architectures

Le projet entend également répondre aux enjeux contemporains, à commencer par le changement climatique. Végétalisation, qualité des espaces publics, mobilités et nouvelles pratiques urbaines constituent autant de composantes d’un futur Val d’Aran plus ouvert et plus agréable à vivre.

La sécurité fait elle aussi partie intégrante de cette réflexion. Le quartier est repensé selon les principes de la prévention situationnelle, avec le concours de spécialistes de la sécurité, de l’urbanisme et de l’aménagement. Là encore, la parole des habitants accompagne les choix réalisés sur le terrain.

Mais le changement ne s’arrêtera pas aux espaces publics. La Maison Citoyenne et la crèche du Val d’Aran seront reconstruites à proximité de leur implantation d’origine, face à l’école Jules Ferry. L’idée : conserver les services qui font vivre le quartier, tout en leur offrant des bâtiments plus confortables, plus ouverts et davantage adaptés aux usages actuels.

Autre pièce maîtresse du futur quartier : la Maison des Arts Martiaux et de la Boxe. Plutôt que de prolonger la vocation commerciale de la rue du Centre, Karine Traval-Michelet a choisi d’inscrire le Val d’Aran dans une thématique plus large : celle du sport-santé. En complément du pôle santé déjà présent dans le secteur, ce nouvel équipement municipal doit attirer un public bien au-delà du seul quartier et devenir un nouveau lieu de mixité et de rencontre.

Enfin, le Val d’Aran profitera directement de la transformation des mobilités à Colomiers et dans la métropole. Arrivée du métro, développement du réseau cyclable et des stations VélôToulouse : progressivement, le quartier sera encore davantage connecté au reste du territoire.

Ambitieux et de loin le terme qui correspond le plus à cette rénovation du Val d’Aran. Exigeant coordination de la part des différents acteurs, elle s’articule autour d’une implication citoyenne forte et entendue. En laissant la nostalgie dans le rétroviseur, elle incarne une nouvelle étape dans la rénovation globale de la ville portée par Karine Traval-Michelet.