Avec une flotte mondiale appelée à doubler d’ici 2045, les besoins en maintenance, en formation et en services numériques vont considérablement augmenter. Pour Airbus, cette évolution impose de repenser son modèle.

Le secteur aéronautique s’apprête à changer d’échelle. D’après les dernières prévisions dévoilées le mercredi 14 octobre 2026 par Airbus, le marché mondial des services aéronautiques devrait plus que doubler d’ici 2045, pour atteindre 420 milliards de dollars. Une progression qui s’accompagnera de besoins considérables en matière de recrutement et de compétences.
Une flotte mondiale en pleine expansion
À l’horizon 2045, quelque 45 550 avions devraient être en service dans le monde, transportant près de 10 milliards de passagers chaque année. Pour accompagner cette croissance, les activités liées à la maintenance, à la formation des équipages et aux outils numériques devraient progresser de 3,8 % par an en moyenne.
Ces estimations concernent l’ensemble des constructeurs et prennent en compte les avions de ligne de plus de 100 sièges, ainsi que les appareils cargo capables d’embarquer plus de 10 tonnes de fret. Le développement de la flotte et l’augmentation du trafic vont ainsi entraîner une hausse parallèle de la demande en services spécialisés.
Plus de deux millions de professionnels à former
Cette dynamique aura également des conséquences sur l’emploi. Le secteur devra disposer de 2,44 millions de professionnels supplémentaires, parmi lesquels 730 000 techniciens de maintenance, 660 000 pilotes et un million de personnels navigants commerciaux.
« Chez Airbus, nous nous adaptons à cette forte expansion », souligne Cristina Aguilar Grieder, responsable des services clients pour les avions commerciaux du constructeur européen, dont le siège mondial se situe à Toulouse.
Un nouveau modèle pour Airbus
Pour répondre à ces évolutions, l’avionneur entend faire évoluer sa manière de travailler. « Il y a un changement d’état d’esprit », explique Cristina Aguilar Grieder. Airbus souhaite désormais dépasser une approche centrée sur la conception et la vente d’appareils pour intégrer davantage les services proposés tout au long de leur durée de vie.
La maintenance, premier poste de dépenses
Parmi les différentes activités, l’entretien des moteurs et des équipements en atelier représentera le principal marché, avec 217 milliards de dollars attendus en 2045. Les prestations destinées à accompagner les compagnies aériennes dans l’organisation et la réalisation de ces opérations devraient, quant à elles, atteindre 104 milliards de dollars.
Les services numériques et la connectivité afficheront la progression la plus rapide, avec une croissance annuelle moyenne estimée à 5,3 %, pour un marché de 27 milliards de dollars à l’horizon 2045.
Les interventions réalisées directement sur les avions pèseront 36 milliards de dollars. Les opérations de modernisation et de modification des appareils représenteront 21 milliards, tandis que la formation devrait atteindre 17 milliards de dollars. Sur ce dernier volet, Airbus prévoit notamment la création d’un nouveau campus baptisé Olé, sur son site de Saint-Martin, à Toulouse.
L’Asie en tête de la croissance
Sur le plan géographique, l’Asie-Pacifique, la Chine et l’Asie du Sud devraient concentrer les progressions les plus importantes du marché. Pour Airbus, l’enjeu sera donc de répondre à une demande mondiale croissante, tout en renforçant ses capacités d’accompagnement des compagnies aériennes sur l’ensemble du cycle de vie de leurs appareils.

















