Journal-Diagonale

Contraints d’annuler leurs spectacles à venir, Bajo El Mar et Le Phare vivent une saison musicale et culturelle bien sombre. C’est pourtant au milieu des cendres que nous avons rencontré Heeka, une jeune artiste peu conventionnelle, pétillante et à la détermination exceptionnelle.

Chris Rod Photo – Christel Rodriguez Photographie

Du haut de ses tout juste 25 ans, la jeune Hanneke Hanegraef incarne Heeka (prononcez Héka). Native du plat pays, le quitte rapidement et grandit dans le Gers. Son lien avec la musique est celui d’une thérapie. Bricolant sur un piano, elle s’en sert comme d’un exutoire très personnel au point de ne jamais faire écouter à qui que ce soit ce qu’elle compose (ce qui n’est pas sans rappeler un épisode de Friends, dédicace à tous mes boomers en devenir). Ce dans quoi elle se donne à fond et ouvertement par contre, c’est les arts du Cirque. C’est d’ailleurs cette passion qui la pousse à quitter le foyer familial à 15 ans pour approfondir sa technique de voltigeuse en cadre Coréen. Malheureusement, une blessure au genou met un terme à sa carrière dans ce domaine. De ce chapitre de sa vie, elle conserve la rigueur et le sens de la perfection sans pour autant trop savoir dans quelle direction aller. Loin de regarder vers le bas, elle se questionne sur ce qui lui plais, ce qui lui donne envie, ce qui lui permettra de s’épanouir. C’est alors que la musique revient à elle comme une évidence avec cette fois l’assurance et l’envie de la partager. En 2019 (oui il y a 2 ans à peine) elle se lance après avoir effectué la formation Parcours d’Artiste à Toulouse. Aujourd’hui entourée de musiciens de talent, elle part à l’assaut de grandes scènes, notamment celle des inouïs du Printemps de Bourges dont les auditions se tiennent ce samedi 6 mars.

Heeka, c’est Hanneke Hanegraef à la voix/guitare, Joris Ragel (ex Agathe Da Rama), Pablo Echarri à la batterie (Ex Watusi et actuel Oré) et Monsieur Emmanuel Panier à la basse/contrebasse (Ex Trois Cafés Gourmands, actuel Slim Paul Trio)

Ce qui marque lorsqu’on discute avec Heeka, c’est cette dualité entre liberté et rigueur. Liberté car elle fait sa musique sans se limiter, s’interdire ou même se comparer à qui que ce soit. Rigueur car elle met toute son énergie dans la réalisation de son projet. La jeune Femme n’est pas pour autant tête dans le guidon et sourde à toute critique. Au contraire, elle prend à cœur tous les apports qui la font avancer, notamment ceux de ses musiciens. Il faut dire qu’avec l’expérience de ses derniers, difficile de ne pas prendre en considération leur avis.

Salut, c’est Manu Panier

Lors de notre interview, Heeka était en donc résidence au Phare et nous avons pu assister à une répétition générale (oui nous avons vu un concert en 2021), ce qui fut l’occasion de prendre une belle claque. Sa frêle voix laisse la place à un timbre fort et profond. Dans un style folk rock teinté de blues, elle distille une énergie profonde et envoutante. À la fois sombre et entrainante, cette vague noire nous submerge, tenus en haleine par une voix implacablement addictive.

Autodidacte, affranchie de tous les codes, Heeka joue avec une sincérité et une liberté qui ne laissent pas indifférent. Notez bien ce nom, cette jeune femme est en train d’écrire l’histoire…

Heeka
fb:@heekamusic

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